Loueur en meublé : le SIRET est-il obligatoire ?
Oui — et beaucoup de loueurs le découvrent trop tard. Dès que vous louez un logement meublé, vous exercez une activité commerciale qui doit être immatriculée. Voici pourquoi, comment obtenir votre SIRET gratuitement, dans quel délai, et tout ce que ce numéro déclenche.
L'essentiel en 30 secondes
Pourquoi un SIRET pour de la location ?
La question surprend beaucoup de propriétaires : pourquoi faudrait-il un numéro d'entreprise pour louer un appartement ? La réponse tient à une distinction fiscale fondamentale. Louer un logement vide génère des revenus fonciers — une gestion de patrimoine. Louer un logement meublé est en revanche considéré par la loi comme une activité commerciale, dont les revenus relèvent de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC).
Or toute activité commerciale, même exercée par un simple particulier et à petite échelle, doit être identifiée auprès de l'administration. C'est le rôle du SIRET : un numéro de 14 chiffres qui identifie votre activité de loueur en meublé. C'est cette qualification d'activité commerciale qui justifie l'immatriculation — et qui, en contrepartie, ouvre l'accès à des avantages fiscaux que la location nue ne permet pas.
Qui est concerné (et qui ne l'est pas)
La règle est large : elle vise toute la location meublée, mais épargne la location nue. Voici la ligne de partage.
| Votre situation | SIRET requis ? | Déclaration des revenus |
|---|---|---|
| Location meublée, longue durée (LMNP) | Oui | BIC (micro-BIC ou réel) |
| Location meublée saisonnière / tourisme | Oui | BIC (micro-BIC ou réel) |
| Loueur en meublé professionnel (LMP) | Oui | BIC + régime social spécifique |
| Location vide (nue), en nom propre | Non | Revenus fonciers (2044 ou micro-foncier) |
| Détention via une SCI | La SCI a son propre SIREN | Selon régime de la SCI (IR ou IS) |
Le SIRET est-il requis selon votre type de location ?
L'obligation ne dépend ni du nombre de biens, ni du montant des loyers, ni du régime fiscal choisi. Un seul studio meublé loué occasionnellement suffit à la déclencher — et il lui faut, lui aussi, un bail meublé conforme.
Comment l'obtenir : le guichet unique de l'INPI
Depuis 2023, la démarche est entièrement en ligne et gratuite. L'ancien formulaire papier P0i a disparu : tout se fait désormais sur le guichet unique des formalités des entreprises, géré par l'INPI. Concrètement :
- Rendez-vous sur le site du guichet unique de l'INPI et créez un compte.
- Choisissez une formalité de création d'entreprise, puis l'activité de location de biens immobiliers meublés.
- Renseignez les rubriques : votre identité, l'adresse du bien loué, la date de début d'activité, et le régime d'imposition souhaité (micro-BIC ou réel).
- Joignez les pièces demandées (pièce d'identité, justificatif) et validez.
- Vous recevez un accusé de réception, puis votre SIRET, attribué par l'INSEE : comptez en général de une à quatre semaines.
Le délai de 15 jours et les risques
La déclaration doit intervenir dans les 15 jours suivant le début de l'activité, c'est-à-dire la première mise en location du bien meublé. C'est un délai court, souvent dépassé par méconnaissance.
Ce que le SIRET déclenche ensuite
Obtenir son SIRET n'est pas une fin en soi : ce numéro vous fait entrer dans plusieurs mécanismes qu'il faut anticiper.
L'accès au régime réel et à l'amortissement
C'est le bon côté. Avec un SIRET et le régime réel, vous déduisez vos charges réelles (intérêts d'emprunt, travaux, assurance, honoraires…) et vous amortissez le bien et le mobilier. Pour beaucoup d'investisseurs, cela réduit fortement, voire annule, l'impôt sur les loyers pendant plusieurs années.
La cotisation foncière des entreprises (CFE)
C'est la contrepartie que découvrent beaucoup de loueurs après leur première année. Parce que la location meublée est une activité commerciale, vous êtes redevable de la CFE, un impôt local dû chaque année.
La facture électronique
Avec un SIRET, vous entrez aussi dans le champ de la réforme de la facture électronique : dès le 1ᵉʳ septembre 2026, vous devez pouvoir recevoir les factures de vos fournisseurs par une plateforme agréée, même si vos loyers sont exonérés de TVA. Notre guide de la facture électronique pour l'investisseur immobilier détaille ce que cela implique, et ce que cela ne change pas (vos quittances).
Le cas de la résidence principale louée occasionnellement
Vous louez une chambre de votre logement, ou vous mettez votre résidence principale en location meublée pendant vos vacances ? La situation mérite une réponse nuancée, car deux plans se superposent : l'impôt d'un côté, l'immatriculation de l'autre.
Côté impôt : des exonérations existent
Deux cas d'exonération d'impôt sont prévus. Si vous louez une ou plusieurs pièces de votre résidence principale à un locataire qui en fait sa propre résidence (ou à un salarié saisonnier), les loyers sont exonérés à condition de rester dans une limite de loyer raisonnable. Et si vous louez des pièces de votre résidence principale à des personnes de passage, les recettes sont exonérées tant qu'elles ne dépassent pas 760 € TTC par an.
Côté immatriculation : l'exonération d'impôt ne vaut pas dispense
Plusieurs biens et indivision : combien de SIRET ?
Le cas de plusieurs biens détenus en nom propre
La règle repose sur la notion d'établissement, c'est-à-dire l'adresse. Si vous ajoutez un meublé à la même adresse qu'un bien déjà déclaré, votre SIRET existant s'applique : aucune nouvelle démarche. En revanche, un bien situé à une adresse différente constitue un nouvel établissement et donne lieu à un SIRET distinct. C'est aussi pour cela que la CFE peut se multiplier lorsque vos biens sont répartis sur plusieurs communes.
Le cas de l'indivision
Quand un bien meublé est détenu en indivision (par exemple un couple non marié qui achète ensemble, ou des héritiers), la règle est différente de la détention en nom propre : c'est l'indivision elle-même qui est immatriculée et qui reçoit un SIRET unique. Il n'y a donc pas un SIRET par indivisaire pour ce bien.
La déclaration se fait sur le guichet unique de l'INPI en choisissant l'option « exploitation en commun / indivision entre personnes physiques », en renseignant l'identité de chaque co-indivisaire et leurs quotes-parts. L'indivision obtient son SIREN et son SIRET, puis chaque indivisaire reporte sa quote-part de résultat sur sa propre déclaration de revenus (2042 C PRO).
Questions fréquentes
Louer un seul studio meublé, est-ce vraiment concerné ?
Oui. L'obligation ne dépend ni du nombre de biens ni du montant des loyers. Dès la première mise en location d'un logement meublé, vous exercez une activité commerciale à déclarer, et le SIRET est obligatoire.
Le SIRET coûte-t-il quelque chose ?
Non. La déclaration de début d'activité sur le guichet unique de l'INPI et l'attribution du SIRET sont gratuites. Méfiez-vous des sites qui facturent cette démarche : la formalité elle-même ne coûte rien.
Je loue en nu. Dois-je aussi m'immatriculer ?
Non. La location vide relève des revenus fonciers et ne nécessite aucune immatriculation ni SIRET. La déclaration se fait directement avec vos revenus, sur la 2044 ou en micro-foncier. L'obligation de SIRET ne concerne que le meublé.
Et si je détiens mon bien via une SCI ?
Une SCI possède déjà son propre numéro SIREN, obtenu à sa création. Vous ne faites donc pas de déclaration LMNP en votre nom pour un bien porté par la SCI. Attention toutefois : une SCI qui loue en meublé bascule dans un régime différent (elle devient imposable à l'impôt sur les sociétés), ce qui est un sujet à part entière.
À lire ensuite : LMNP ou LMP ? L’arbre de décision fiscal et social — pour savoir de quel côté du seuil des 23 000 € vous vous situez.